Deutscher Gewerkschaftsbund

Rendre les hommes plus forts

Interview avec Michael Sommer

Monsieur Sommer, imaginez qu‘un jeune homme vous aborde dans la rue et vous demande : “Qu‘est ce que cela me rapporte d‘adhérer à un syndicat ? “Que répondez-vous ?

Je n‘ai pas à imaginer cette situation, cela m‘est déjà arrivé souvent. Devenir adhérent d‘un syndicat a une utilité toute personnelle, mais également une signification politique et sociale. A titre personnel il est utile d‘avoir à ses côtés un partenaire fort dans la vie professionnelle, auquel on peut demander conseil. Quels sont les salaires payés dans ma branche ? Quels sont mes droits et mes devoirs ? Jusqu‘au conflit : j‘ai reçu une lettre de licenciement – que dois-je faire ? La cotisation de chaque adhérent au syndicat lui donne droit à une protection juridique. L’utilité politique et sociale va au-delà. Les syndicats luttent pour une communauté juste et solidaire. La défense de ce droit face aux responsables politiques est la tâche principale du DGB. Elle s’étend de la politique du marché du travail et sociale jusqu’à la politique économique et de formation.

Les syndicats agissent-ils uniquement pour leurs adhérents ?

Non, même ceux qui ne sont pas membres bénéficient de notre travail. Les accords salariaux par exemple profitent à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs. Et quand il y va de l’avenir de l’Etat social, ceci concerne naturellement aussi tous les hommes et toutes les femmes, même quand ils ou elles sont sans emploi et doivent dépendre de prestations sociales. Mais une chose est claire : pour s’imposer au niveau politique, les syndicats requièrent des gens qui contribuent à faire leur force. Et cela signifie aussi : payer les cotisations. Environ 6,6 millions d’hommes et de femmes de ce pays – bien plus que dans tous les partis politiques – le font. Pour mes collègues et moi-même, c’est à la fois une motivation et un engagement.

Les syndicats sont nés au milieu du 19ème siècle en réponse à des lois sociales injustes qui n’existent plus aujourd’hui. Les syndicats n’ontils plus de travail ?

Mais si. Nous avons évidemment connu de grandes réussites depuis la naissance des syndicats : réglementation du temps de travail, des salaires, assurance en cas de chômage, de maladie et de vieillesse. Nous pouvons être fiers de ces résultats. Mais les intérêts des employeurs et des salariés restent aujourd‘hui encore souvent opposés. C‘est pourquoi je trouve tranquillisant que les conditions de travail, la formation continue, le temps libre et le montant de mon salaire ne soient pas dictés mais négociés. Notre rôle est de défendre la règle du jeu : „Toujours au même niveau que le patron.



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