"Les syndicats sont des associations libres et volontaires, démocratiques et inter-catégorielles de salariés, dont l'intérêt primaire est d'améliorer durablement la situation économique et sociale de leurs adhérents et, au-delà, du salariat dans son ensemble. Ils ont été fondés pour perdurer et ils s'appuient sur la solidarité des salariés.
Les syndicats remplissent trois fonctions essentielles: ils ont commencé par protéger les salariés contre les risques et dangers professionnels et privés; depuis la reconnaissance comme partenaire social, ils assument également une fonction de régulation sur le marché du travail et dans les relations avec le patronat et l'Etat; enfin, une vision plus large de leur rôle et l'agrandissement de leur champ d'action les font tout bonnement participer à la configuration des conditions de vie et de travail du salariat et de la société en général. Les syndicats se font guider par le concept de l'"intégration critique" au système." (Lexique social de l'Eglise protestante, page 525 et suiv.)
En 1849 10% de la population font du travail salarié en Allemagne. La "Fraternelle ouvrière" de Berlin est la première organisation politique des ouvriers en Allemagne. En cette année révolutionnaire, la Ligue des ouvriers du livre et l'Association des cigariers voient également le jour. L'échec de la révolution anéantit ces premiers succès et il faut attendre les années 60, avant de voir apparaître à nouveau des associations politiques et syndicales des ouvriers.
En 1869 le Code professionnel de la Confédération de l'Allemagne du Nord abolit le dernier obstacle à la création de syndicats. Mais la liberté de coalition ainsi accordée n'empêche en rien la répression journalière du travail syndical par le patronat et les organes de l'Etat.
En 1878 les 50 000 adhérents des fédérations professionnelles ont à souffrir des suites de la "Loi contre les aspirations dangereuses de la social-démocratie" de Bismarck. "Que la réparation des dommages sociaux ne se fasse pas uniquement par la voie de la répression des violences de la social-démocratie, mais également par des mesures améliorant la situation de l'ouvrier." Tel est le message de l'Empereur en 1881, qui demande au Reichstag de présenter des projets de loi pour les assurances accident, maladie, vieillesse et invalidité.
En 1890 année de l'échec des "Lois antisocialistes", les syndicats comptent déjà 300 000 adhérents. En cette même année ont lieu les premières manifestations pour le 1er Mai et les syndicats allemands installent une Commission générale présidée par Karl Legien, qui convoque pour 1892 le premier Congrès confédéral à Halberstadt. La majorité des 200 délégués se prononce pour des fédérations professionnelles et non pour des unions locales; ils recommandent de faire adhérer les ouvrières avec les mêmes droits que les ouvriers. L'élection de la "Commission générale" signe sans doute la naissance de la première Confédération des syndicats.
En 1894 les premières organisations supra-régionales des syndicats chrétiens voient le jour.
En 1896 la Fédération des ouvriers du livre conclut un contrat de travail collectif; à cette époque, de nombreux syndicats continuent à penser que les conventions collectives sont des "étourderies" ou une "trahison de la lutte des classes", alors que le patronat et l'Etat s'opposent par tous les moyens à la reconnaissance des syndicats comme partenaires sociaux.
En 1906 le SPD reconnaît dans l'"Accord de Mannheim" le caractère indépendant et autonome des syndicats. La guerre de 1914 change définitivement la position des syndicats: dans le cadre de la "Trêve", les autorités de l'Etat les reconnaissent officiellement, vu qu'ils sont nécessaires pour faire marcher l'économie de guerre.
Après la chute de l'Empire, l'Allemagne adopte en 1918 le système parlementaire. La révolution de novembre 1918 permet aux syndicats d'imposer des revendications importantes: désormais, ils sont reconnus comme partenaires sociaux; la journée de 8 heures et les comités ouvriers d'entreprise sont acceptés.
En 1919 la Commission générale est transformée en Confédération générale des syndicats allemands (ADGB). Son organisation et sa mission sont similaires à celles du DGB d'aujourd'hui. L'effort de formation est accentué, des maisons d'édition et des imprimeries voient le jour; les premières entreprises syndicales sont fondées dans le secteur des banques, de la construction et des assurances.
En 1920 l'ADGB proclame une grève générale contre le putsch de Kapp, par lequel la droite veut renverser la République. L'ADGB compte en 1922 env. 7,5 millions d'adhérents, dont il perdra jusqu'en 1924 à peu près la moitié à cause de l'inflation et du chômage. L'initiative syndicale pour une économie démocratique sombre en 1929 dans la crise économique mondiale. Le démantèlement social revient à l'ordre du jour. Le dernier gouvernement social- démocrate tombe en 1930 à cause du financement de l'assurance-chômage.
En 1932 44% des adhérents sont au chômage, 22% travaillent à temps réduit. Quand la République de Weimar s'écroule en 1933 les syndicats hésitent entre grève générale et passivité. Le bureau de L'ADGB se dit neutre par rapport à Hitler. Le 2 mai, les commandos de la SA brisent le mouvement syndical. De nombreux dirigeants font de la résistance contre la dictature nazie.
Les premiers syndicats font leur réapparition déjà avant la fin de la guerre; ce sont des syndicats unitaires, organisés selon la branche d'activité industrielle: "une entreprise, un syndicat".
En octobre 1949 est constituée à Munich la Confédération des syndicats allemands (DGB). Hans Böckler est élu secrétaire général.
Le Bundestag vote en 1951 la Loi sur la cogestion paritaire des ouvriers dans les conseils de surveillance du secteur charbon-acier. Une consultation à la base des membres de l'IG Metall et de l'IG Bergbau avait auparavant décidé de faire la grève pour imposer la cogestion dans ce secteur. L'adoption en 1952 de la Loi sur la constitution sociale des entreprises déclenche un débat au sein des syndicats, qui constatent que de nombreuses revendications n'ont pas été reprises.
Le congrès confédéral de 1954 refuse toute "contribution militaire" de la République fédérale.
En 1962 a lieu le débat sur les lois d'exception; le DGB est partagé entre le pour et le contre. Au congrès, une majorité se prononce contre ces lois d'exception.
Le DGB adopte en 1963 un programme à long terme; l'amélioration de la productivité et des conditions de vie des salariés rend nécessaire une révision des principes établis par le congrès constitutif de Munich. La crise économique force dès 1966 les syndicats à se consacrer à la sauvegarde des emplois et des revenus.
En 1967, les représentants de la grande coalition, de l'industrie, des sciences et du DGB constituent l'Action concertée.
Le DGB adopte en 1974 son premier programme pour l'environnement.
Il présente en 1977 ses propositions pour le rétablissement du plein emploi. L'hebdomadaire "Der Spiegel" révèle en 1982 le scandale de la "Neue Heimat".
En 1983, des centaines de milliers de personnes suivent l'appel du DGB de respecter pendant les heures de travail une "minute de silence pour la paix", afin de protester contre le déploiement en Europe des fusées moyenne portée.
En 1984 les grèves de l'IG Metall et de l'IG Druck und Papier poussent la porte de la semaine des 35 heures.
En 1986 le DGB déclenche une vague de protestations contre la modification du § 116 de la Loi sur l'emploi. Après la chute du mur de Berlin, le DGB s'emploie dès 1990 à mettre en place des syndicats libres en Allemagne de l'Est.
Le DGB décide en 1992 de lancer une réforme de ses structures et de son programme politique. En 1993 le DGB mène son action "Opposition", pour se défendre des attaques du patronat et du gouvernement contre l'autonomie tarifaire.
En 1996 Le gouvernement fédéral et le patronat rompent le Pacte pour l'emploi. Le 15 juin 1996, 350.000 personnes manifestent à Bonn pour "l'emploi et la justice sociale". Un nouveau programme de base est adopté à Dresde lors du congrès de la réforme en novembre 1996.
En 1997 Au sommet de l'emploi à Berlin, le DGB tente de relancer le dialogue interrompu depuis un an entre les syndicats, le patronat et le gouvernement fédéral, et d'engager des initiatives contre le chômage de masse.
DGB. La Conféderation des Syndicats Allemands: Comité Executif Federal, Structure, Service, Regiones et Districts.